Touche pas à mon disque d'or !

Publié le par Axel Mac Black

C'est quoi un disque d'or ? C'est une galette en fer blanc dorée à la bombe et glissée sous un cadre en verre. Le producteur l'accroche dans son bureau, l'ingénieur du son dans son studio et l'artiste la laisse chez lui en évidence mais pas trop. C'est vrai que ça en jette un disque d'or. C'est un peu comme une médaille que tu laisses traîner négligemment sur la cheminée de ton salon.

-C'est quoi ça ?

- Bah... rien du tout , c'est quand j'ai été champion olympique de cheval d'arçon aux JO de 1988...

Bref un disque d'or, ça ne sert pas à grand chose, mais ça fait plaisir. Inventé par les maisons de disques après-guerre, il servait à en remettre une couche auprès du grand public. Histoire de leur refourguer encore un peu plus de saucisson (l'autre nom du “tube”à l'époque). Après le disque d'or, on a donc inventé le disque de diamant, puis le disque de platine. Repus, bien assis sur des marges plus que confortables, les producteurs réfléchissaient au lancement d'un disque de titane prévu pour 2010... quand ils furent tirés de leur sieste par une nouvelle inattendue : le Compact Disc devenait cher et ringard. Et ce qui devait arriver arriva : en cinq ans, les ventes de disques chutèrent de moitié. En 2003, pour être disque d'or en France, il fallait vendre 100 000 albums. En 2006, le Snep (le syndicats des producteurs de disques) décidait de baisser la jauge à 75 000. Aujourd'hui, à 50 000 exemplaires vendus, les maisons -vermoulues- de disques te laissent repartir avec la breloque. A ce rythme-là, dans 20 ans, le type qui aura vendu péniblement cinquante disques après être passé tous les soirs à la télé, pourra venir réclamer sa médaille.

Il y a quelque chose d'un brin pathétique à voir la manière dont ces vieux dinosaures s'accrochent à leur industrie en train de disparaître. Sans parler du temps qu'ils mettent à s'adapter aux nouvelles technologies. Qu'attendent-ils pour inventer la souris d'or qui récompensera les 100 000 téléchargements légaux d'un single sur Internet ? Et plutôt que baisser la valeur du disque d'or, pourquoi ne pas inventer un disque d'argent, de bronze... et de carton pour une galette vendue à 10 000 exemplaires? Ça récompensera au moins le dernier Carla Bruni.

 

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Nico 28/09/2011 01:44


Très bien troussé et pertinent.. Dans un autre style, plus cinglant encore, cela me fait penser aux analyses sans appel d'un chanteur et journaliste, Jacques Bertin, qui a écrit sur l'industrie
musicale des pages réjouissantes, par sa plume d'abord mais aussi par ce qu'elles racontent. Car en fait, il n'est pas toujours évident de comprendre cette industrie et de ses ravages sans avoir
une idée des politiques (ou absence de politiques.)culturelles..
Sinon, le plus drôle dans ce combat perdu d'avance est quand ces grandes maisons vérolées envoient dans les quotidiens des Obispo ou Renan Luce, qui malgré "la crise" vendent qd même des centaines
de milliers de cd pleurer pour les pauvres artistes lésés.. Les pauvres artistes occupés à boucler leur statut d'interminable intermittent en rigolent encore ! ;-).. Encore des histoires père Black
!!


Twinuts 12/08/2010 22:17


Carla Bruni chante ?? Mais depuis quand ???


Anne-Laure 12/08/2010 10:34


Bien dit ...