Roulez boulettes...

Publié le par Axel Mac Black

Je les avais pourtant prévenus… « Surtout les gars, pas de gaffes ! » Ayant constaté avant le début d’un spectacle la présence d'handicapés mentaux dans les premiers rangs du public  j’avais mis en garde mes collègues Blaireaux : « Si vous entendez des applaudissements ou des clameurs en plein milieu d’une chanson calme, ne paniquez pas, c’est normal.» Peut-être eût-il mieux valu que je me tusse.  Alors que nous étions sur le point de réaliser un sans-faute, Stan le batteur se leva avant le dernier morceau pour provoquer les spectateurs comme il le faisait  lors de chaque concert. « Tout le monde debout ! » harangua-t-il sous les traits d’un gourou facétieux, « Tout le monde debout : les hommes, les femmes, les enfants… Et les légumes aussi ! » Un ange passa dans la salle. Quelques secondes qui nous parurent des heures. 

De retour dans les loges, blanc comme un linge, Stan tenta de nous expliquer son coup de folie. « J’ai dit ça… parce que… regardez… sur mon tee-shirt de scène, il y a des carottes et un chou-fleur… » Mais, pourquoi avoir dit cela justement ce soir et non lors des concerts précédents ? Tout simplement en vertu de cette déclinaison de la célèbre loi de Murphy stipulant que « si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira forcément par mal tourner ».

C’est lors d’une représentation à la prison de Longuenesse que je vérifiai pour la première fois cette règle implacable qui veut que l’on commette d’autant plus de gaffes que l’on cherche à les éviter. Avant le concert, stressé, je me repassai en boucle les paroles des chansons afin de parer à toutes bévues éventuelles. J’étais d’autant plus tendu que le concert avait lieu en présence de « stars des barreaux »  : Nathalie Ménigon, égérie terroriste d’Action directe et Valérie Subra, jeune femme rendue célèbre par le film de Bertrand Tavernier L’Appât qui retrace son épopée meurtrière. Première chanson. Avant d’attaquer, je me mets en tête de raconter comment elle me fut inspirée : « Un jour, alors que je rentrais chez moi, je me suis rendu compte que j’avais perdu mes clefs. Je me suis alors fait la réflexion que j’étais… enfermé dehors. » Sourire dans l’assistance.  Silence gêné. Sensation de chaleur intense montant des pieds à la tête. S’il te plaît Mac Black, joue et tais-toi.

Commenter cet article

carole 03/04/2012 13:51

je te rejoins Flo, sur ce Week-end à Vimy qui à été une véritable réussite.
Merci pour votre sympathie, votre bonne humeur.
on se reverra le 17 avril.
Carole, (alto au premier rang).

Flo 02/04/2012 15:01

A l'instar de François Feldman au Téléthon de 1996 !
Comme quoi, nul n'est à l'abri d'une boulette.
Encore bravo et merci pour ce week-end à Vimy, chargé d'émotions et de douce folie
Flo, un des 320 choristes

Barbara 11/03/2012 23:25

Bah je crois que faire des boulettes, c'est croire que les autres sont comme soi et s'apercevoir trop tard que ce n'est pas le cas. C'est quelque part montrer une forme de respect. Il paraît de
plus que les handicapés adoooooooorent qu'on les charrie, pourquoi pas les prisonniers ? Il aurait peut être été bon dans ce cas de préparer la boulette, mais ça n'aurait plus été une boulette.
Axel Mac Black se révèle être un homme après tout. Tel un dieu, il faut qu'il apprenne à se pardonner.